Les pics de Clarabide Gias Camboué Saint Saud et la Pointe Lourde-Rocheblave
25 août 2005, depuis le parking du Pont de Prat (1228 mètres) au-dessus de Loudenvielle, en passant par la vierge de Santette (1580 mètres), en longeant les gorges de Clarabide pour passer au refuge de la Soula (1700 mètres), au lac de Pouchergues (2108 mètres), au lac glacé de Clarabide (2648 mètres), au Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias (2921 mètres), pour faire l'ascension du pic Oriental de Clarabide (3012 mètres), du pic de Clarabide (3020 mètres), du pic Occidental de Clarabide (3008 mètres), avec retour sur le pic de Clarabide (3020 mètres) pour passer à la brèche de Gias (2953 mètres) et aller escalader le pico de Gias (3011 mètres) et revenir à la brèche de Gias pour continuer sur le Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias afin de faire l'ascension de la Pointe Lourde-Rocheblave (3104 mètres), du pic Camboué (3043 mètres), du pic Saint Saud (3003 mètres) avec retour par le Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias et descente sur l'itinéraire de montée.

Voici le récit d'une journée bien remplie. Il est 1 h. 38 quand je quitte Pau à bord de ma Xsara. A Loudenvielle (vallée du Louron) je continue sur la route qui mène à la centrale électrique de Tramezaygues pour garer la voiture sur l'aire de stationnement du Pont de Prat (1228 mètres) à 3 h. 20. Après avoir préparé mon sac sans oublier le piolet, la corde et les crampons (qui ne me seront pas utiles, mais il vaut mieux les emporter), il est 3 h. 45 lorsque je quitte le parking pour passer près d'un panneau indiquant les itinéraires du secteur, je traverse le pont pour longer les installations de la centrale. Un bon chemin pénètre en suivant dans la hêtraie-sapinière pour s'élever en zigzags, les lumières de la centrale ne m'aident plus et je suis dans l'obligation d'utiliser ma lampe frontale. A 1345 mètres, au panneau "refuge de la Soula", je laisse filer à droite l'itinéraire de la vallée de la Pez, pour continuer à gauche en direction du refuge de la Soula. Je poursuis la progression par d'amples lacets pour passer trois fois (passerelles métalliques) sur la conduite des eaux en utilisant l'itinéraire "par les lacets" plus doux que le "sentier raide". Passage à la vierge de Santette (1580 mètres) il est 4 h. 45, le chemin est taillé dans la roche. Maintenant le sentier file presque horizontalement le long des gorges de Clarabide avec quelques légères descentes-montées (chantiers de sécurisation). Une fois arrivé à l'extrémité du canyon, je descends en passant près d'une source pour franchir le pont qui enjambe le cours d'eau et ainsi arriver en suivant à la confluence des torrents de Clarabide et de Caillauas. Le chemin est dallé de pierres, comme l'étaient les voies romaines. Il est 5 h. 30 quand je passe devant l'entrée du refuge de la Soula (1700 mètres), un chien commence à vouloir me suivre mais fait demi-tour en voyant mon piolet. Je passe entre le refuge et la centrale électrique en longeant des rails. Arrivé derrière les bâtiments je descends pour, ensuite, traverser un pont métallique en laissant en suivant un autre pont à droite. Je monte vers le Sud sur le sentier du lac de Pouchergues (balisage bleu, avec la frontale on ne le voit pas). Le sentier gravit un flanc boisé et franchit un ressaut (dans le noir j'ai plusieurs fois fait demi-tour pour retrouver le bon itinéraire entre rocailles et prairies) pour déboucher sur un replat herbeux. L'itinéraire balisé progresse rive droite du torrent de Clarabide, le jour se lève. Après avoir remonté un tronçon raide et rocailleux, qui permet d'atteindre la tête du vallon, je traverse à gué, et laisse filer à droite (1937 mètres) l'itinéraire qui mène au refuge Prat-Cazeneuve et au vallon d'Aygues-Tortes (que j'emprunterai au retour). Je remonte sur pelouse puis dans les éboulis afin de rejoindre le sentier qui me mène direction Nord-Est au lac de Pouchergues (2108 mètres), il est 7 h. 35. Je passe sur le mur pour contourner le lac par la gauche (rive droite Nord) en progressant d'abord sur un terrain herbeux, puis entre des blocs par de légères descentes et montées jusqu'au fond du lac. En suivant les cairns ils me mènent sur une rude montée en direction Sud-Est, le terrain est assez difficile. Après avoir dépassé le point de résurgence des eaux entre des blocs de granit, le sentier vire à gauche pour aller trouver le point faible de ce cirque qui paraît infranchissable et en m'aidant des mains (petit pas d'escalade facile) je gravis le ressaut du cirque pour rejoindre une croupe herbeuse Est-Sud-Est et après une raide montée en zigzags j'arrive à 9 h. 10 au névé qui domine le lac glacé de Clarabide (2648 mètres). Je descends vers la rive droite du lac pour le longer et ensuite remonter le névé qui borde la cuvette du lac, l'ascension se poursuit à mi-flanc, direction Est, sur des névés et des rocailles vers le Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias bien visible à l'Est. La raide pente d'éboulis au-dessus du névé impressionne (je l'emprunterai au retour, dans le sens de la descente encore plus impressionnante), aussi je vais chercher à gauche Nord-Est la croupe Ouest de la Pointe Lourde-Rocheblave sur de gros blocs d'éboulis pas très stables. Vers 3000 mètres des blocs fuient sous mes pieds et c'est la chute rattrapée en m'accrochant à un rocher bien coincé. J'arrête les saignements de ma jambe gauche (du haut de la cuisse au bas du molet) avec de la neige. Ce moment de frayeur passé, je descends Sud-Est sur le Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias (2921 mètres). Je remonte la crête un peu à gauche du fil vers le Sud-Sud-Ouest (les pierres scintillent d'or comme dans tout le secteur) pour arriver au pic Oriental de Clarabide (3012 mètres), il est 11 h. et il y a là trois randonneurs espagnols (de Madrid et Sarragosse) qui étaient partis du refuge d'Estos. Je continue sur la crête direction Sud-Sud-Ouest et la pierre vire du gris à l'orange-rouge, je passe près de la dépression cotée 2989 mètres et après une brève montée parviens au sommet du pic de Clarabide (pic Central de Clarabide) (3020 mètres) en compagnie des trois espagnols qui vont ensuite redescendre vers Estos, il est 11 h.25. Je continue direction Sud-Ouest toujours sur la crête pour atteindre le pic Occidental de Clarabide (3008 mètres). Maintenant, je dois aller chercher la brèche de Gias, il semble possible d'y aller directement mais il y a de beaux précipices, aussi je choisis de revenir sagement Nord-Est pour repasser au sommet du pic de Clarabide (pic Central de Clarabide) (3020 mètres). A partir de là, je descends sur une sorte de sable marron directement Sud-Est sur la brèche de Gias (entre le pic de Clarabide et le pic de Gias) (2953 mètres). Je remonte en suivant un sentier un peu sur le flanc gauche qui va virer à droite pour aller chercher la base de la falaise à droite où j'arrive au pied d'une cheminée. Par une escalade facile mais prudente je remonte la cheminée (II) (couloir prononcé en rocher calcaire gris) pour arriver sur la crête que je vais suivre à gauche sur une vingtaine de mètres afin d'atteindre le sommet du pic de Gias (3011 mètres) et il est 12 h. 20 (halte restauration). Je retourne par le même itinéraire vers le pic de Clarabide que je ne regravis pas, une quarantaine de mètres sous le sommet vers 2980 mètres, je pars Nord-Nord-Est pour passer sur le flanc du pic Oriental de Clarabide, en évitant les surplombs et ainsi rejoindre le fil droit de la crête pour descendre sur le Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias (2921 mètres) où un couple de français arrive du raide couloir d'éboulis. Depuis le Port Supérieur de Pouchergues je remonte Nord-est la crête, d'abord mi-herbeuse mi-pierreuse elle fait place rapidement à des blocs d'éboulis plus ou moins stables. Vers 3000 mètres je croise deux randonneurs espagnols qui reviennent du pic des Gourgs Blancs par sa crête Ouest, ils me signalent que le final de la Pointe Lourde-Rocheblave est plus dur que la cheminée du pic de Gias et très aérien. Pour moi, ils ont confondu la Pointe Lourde-Rocheblave avec la Tour Armengaud, mon moral n'est pas affecté et je continue à naviguer sur des gros blocs d'éboulis de granit gris et noir, des cairns ont l'air assez bien placés, mais je vais directement vers le sommet. Avec prudence j'arrive sur la crête entre la Pointe Lourde-Rocheblave à gauche et la Tour Armengaud à droite. J'avais raison, j'avale la trentaine de mètres qu'il me reste à faire à gauche pour arriver prudemment à 13 h. 55 au sommet de la Pointe Lourde-Rocheblave (3104 mètres). Je quitte le sommet en descendant toujours sur des gros blocs de granit vers l'Ouest, puis sur un replat (3050 mètres) je bifurque à droite Nord pour filer directement vers la crête que je rejoins à hauteur d'une brèche, d'où je remonte sans peine jusqu'au sommet du pic Camboué (3043 mètres), il est 14 h. 30. Je continue sur la crête vers l'Ouest pour ensuite l'abandonner en descendant Sud-Ouest vers le petit lac (2890 mètres) qui occupe le fond de la cuvette. Un peu avant d'arriver au petit lac, je remonte plein Nord un couloir d'éboulis qui devient de plus en plus raide et qui me fait parvenir à 15 h. 20 au sommet du pic Saint Saud (3003 mètres). Je redescends vers le petit lac pour, à 2900 mètres, remonter toujours à travers des éboulis plus ou moins gros sur la croupe Ouest de la Pointe Lourde-Rocheblave jusqu'à 3000 mètres et à partir de là commencer enfin, à 16 h. 10, ma descente retour. Elle va me faire passer par le Port Supérieur de Pouchergues ou de Gias, le raide couloir d'éboulis, le lac glacé de Clarabide, le lac de Pouchergues (où je double le couple de français qui avait fait demi-tour sous le couloir d'accès au sommet du pic des Gourgs Blancs qui les a trop impressionné), le refuge Prat-Cazeneuve, le refuge de la Soula à 19 h. 30, la vierge de Santette où la nuit m'accompagnera jusqu'au Pont du Prat où, après 2700 mètres de dénivelé positif et autant de négatif, je retrouve ma voiture à 21 h. qui me ramènera à Pau à 23 h.
















Huit sommets de plus de 3000 mètres dont sept différents en 17 h. 15 pour 2700 mètres de dénivelé positif et autant de négatif ! Beaucoup de "cailloux" mais de superbes panoramas en récompense. Il est préférable d'étaler une telle course sur deux jours et les plus "costauds" pourront s'offrir en prime trois autres trois mille, le pic des Gourgs Blancs, les Gourgs Blancs Ouest et la Tour Armengaud. Le 2 août 2005, avec Jean-Marc nous devions aller randonner dans le Néouvielle vers le Campbieil mais le mauvais temps a fait que nous étions venus randonner, sous la pluie, jusqu'au-dessus du refuge de la Soula, dans le but de reconnaître le début du parcours pour une future course avec départ de nuit vers les trois mille de la région.



Le pic Perdiguère la Tuca de Litérole le pic Royo la Pointe de Litérole et l'Aiguille de Litérole
18 juillet 2006, depuis l'aire de stationnement des granges d'Astau (1130 mètres) au terminal de la route D 76 à Oô, en suivant le G.R. 10 pour passer au lac d'Oô (1504 mètres), au col d'Espingo (1967 mètres) (sous lequel on laisse filer à gauche le G.R. 10), au lac Saussat (1921 mètres), à la Coume de l'Abesque (2152 mètres), à la cote 2508, au refuge du Portillon ou refuge Jean Arlaud (2571 mètres), traverser le barrage du lac du Portillon pour aller remonter le vallon de Litérole, passer au col Supérieur de Litérole (3049 mètres), gravir la crête Nord-Est du pic Perdiguère et arriver au sommet du pic Perdiguère (3222 mètres) pour revenir au col Supérieur de Litérole (3049 mètres) et aller gravir la Tuca de Litérole (3095 mètres), le pic Royo (3121 mètres), la Pointe de Litérole (3132 mètres) et l'Aiguille de Litérole (3028 mètres) pour descendre par le col Inférieur de Litérole (2983 mètres), le vallon Inférieur de Litérole et rejoindre l'itinéraire de montée au-dessus de la rive Est du lac du Portillon (2620 mètres) pour aller retrouver les granges d'Astau (1130 mètres).
Il est 3 h. lorsque je quitte seul avec ma torche l'aire de stationnement des granges d'Astau, pour passer à 4 h. au lac d'Oô, à 5 h. 15 au col d'Espingo, à 6 h. 20 à la Coume de l'Abesque où je n'ai plus besoin de torche, le jour s'est levé. A 7 h. 35 je passe devant le refuge du Portillon ou refuge Jean Arlaud et je n'ai rencontré personne. Après avoir perdu un quart d'heure en empruntant un sentier qui ne mène nulle part, je laisse le vallon Inférieur de Litérole pour aller remonter le vallon de Litérole et passer au col Supérieur de Litérole à 10 h. Sur la crête finale, je croise un groupe de quatre anglais qui cherchaient un de leurs sacs laissé au-dessus du passage d'escalade et au sommet du pic Perdiguère que je foule à 10 h. 35 il y a un espagnol qui cherche à l'aide de sa carte à identifier les sommets voisins. Lorsque je passe au sommet de la Tuca de Litérole, il est 11 h. 30, au sommet du pic Royo il est 11 h. 50, je croise ensuite un français et nous échangeons des conseils pour la suite de nos itinéraires. Après être passé au sommet de la Pointe de Litérole à 12 h. 07, je croise un couple d'espagnols qui me déconseille de continuer sur la crête trop aérienne et de contourner l'Aiguille par le versant espagnol moins raide que le coté français (le français m'avait fait les mêmes remarques). Je continue malgré tout sur la crête et après un passage de désescalade, je gravis l'Aiguille de Litérole pour en atteindre son sommet étroit et escarpé à 12 h. 45. Je descends avec prudence les éboulis croulants du versant français pour aller rejoindre l'itinéraire de montée, retrouver le refuge du Portillon à 13 h. 45 où je reste un moment à discuter avec un groupe de montagnards alpins qui me vantent leur montagne, la Corse et la Réunion. A 15 h.22 je passe au col d'Espingo, à 16 h. 03 au barrage du lac d'Oô pour retrouver ma voiture à 16 h. 44 après 2400 mètres de dénivelé positif et autant de négatif.



























Le 1er juin 2006 j'étais venu reconnaître le début de l'itinéraire, dans le but d'une future course avec départ de nuit vers les trois mille du Portillon. Une avalanche me fera faire demi-tour dans le cirque d'Espingo, à la Coume de l'Abesque (2152 mètres).





Le pic des Spijeoles
19 août 2006, ascension du pic des Spijeoles (3065 mètres) depuis l'aire de stationnement des Granges d'Astau (1130 mètres) au terminal de la route D 76 à Oô, en suivant le G.R. 10 pour passer au lac d'Oô (1504 mètres), au col d'Espingo (1967 mètres) (sous lequel on laisse filer à gauche le G.R. 10), au lac Saussat (1921 mètres), à la bifurcation (2090 mètres) (où on laisse filer l'itinéraire dallé du refuge du Portillon pour prendre à droite le sentier cairné), au col (2760 mètres) (situé au Nord-Ouest du lac Glacé ou lac du Port d'Oô), pour aller escalader une cheminée dans les falaises Sud-Est (2900 mètres) du pic des Spijeoles puis, au-dessus d'une raide pente d'éboulis, arriver au sommet par l'escalade du cône terminal pour revenir par l'itinéraire de montée.
Il est 5 h. 30 lorsque je quitte l'aire de stationnement des granges d'Astau avec la lumière de ma lampe. A 6 h. 50 le jour se lève et à 7 h. 45 je passe au col d'Espingo puis je quitte l'itinéraire dallé du refuge du Portillon à 8 h. 25 pour emprunter un sentier raide et humide. Après avoir remonté une raide pente de gros blocs d'éboulis où je rencontre des zones enneigées à partir de 2700 mètres (il avait neigé la nuit précédente) vers 10 h. 30 je passe au col situé au Nord-Ouest du lac Glacé ou lac du Port d'Oô pour ensuite remonter (à travers de gros blocs d'éboulis et sur de la neige de plus en plus présente) vers les falaises Sud-Est du pic des Spijeoles où je m'engage dans une cheminée aérienne que j'escalade avec grande prudence (les prises sont recouvertes de neige). Pas de chance, j'arrive sous une roche coincée, c'est pas le moment de lacher prise et après un périlleux détour pour surmonter ce mauvais passage j'arrive sur une large zone d'éboulis pentue et recouverte de neige. A 2950 mètres je mets les crampons (que je fais toujours suivre avec une corde dans mon sac à dos) pour terminer l'escalade du cône sommital en écharpe par la gauche et arriver au sommet du pic des Spijeoles à 11 h. 38. La vue est dégagée sauf sur le Perdiguère où l'orage menace. Le vent est puissant, les nuages se rapprochent rapidement et je quitte le sommet à 11 h. 50 car je ne souhaite pas être pris par l'orage et je veux passer la cheminée délicate avant de manger (c'est bizarre, je la traverse plus facilement dans le sens de la descente). A 2800 mètres je croise deux randonneurs de Saint-Gaudens qui me demandent l'état des hauts lieux, je leur donne quelques conseils de prudence, les invite à aller plus à gauche que la cheminée d'où je viens pour ensuite retrouver mes traces dans la neige au-dessus de la falaise. A 2760 mètres, mêmes conseils pour un randonneur Toulousain qui avait gravi le Perdiguère et le Vignemale ce mois d'août. A 14 h. 06 je retrouve l'itinéraire dallé du refuge du Portillon, à 14 h. 48 le col d'Espingo, à 15 h. 31 le lac d'Oô où un ancien chasseur d'isards cherchait en vain, sur le sentier, à en voir dans le secteur (dans le secteur d'Orlu il en voyait partout). Comme à chaque fois, entre le col d'Espingo et les granges d'Astau je croise et double énormément de monde. Enfin à 16 h. 15 je retrouve ma voiture après 2080 mètres de dénivelé positif et autant de négatif.











